De la vie de Palace à la culture de la vigne – Sud Ouest 25 mars 2013

Propriétaire de Château Clarisse depuis 2009, Didier Le Calvez dirige le célèbre hôtel Bristol à Paris. Un retour à la terre dans lequel il s’investit pleinement.

Depuis trois ans dans ses vignes, Didier Le Calvez, voit « grandir » sa propriété. (photo stéphane klein)
Le ciel bleu ouaté de Saint-Émilion et les jeunes pousses d’herbe vert tendre qui recouvrent les parcelles de vigne en ce début de printemps, valent bien les lustres dorés et les moquettes moelleuses des plus grands palaces. Depuis 2009, Didier le Calvez, président-directeur-général de l’hôtel Bristol à Paris, vit ses deux passions pleinement, alternant ces deux environnements différents. Un changement de décor et de rythme continuel pour ce Breton qui, le long de sa carrière, a parcouru le monde, du Plaza hôtel de New York, au Régent Singapour, en passant par le Georges V à Paris…

Aujourd’hui, il multiplie les visites à Château Clarisse pour « faire grandir son vignoble » comme il aime à le dire lui-même. Créé à partir d’une ancienne propriété de la famille Estager, le château, qui emprunte son nom à l’une des filles du nouveau propriétaire, n’a effectivement que trois ans d’existence. « Nous avons tout repris par le début », explique Didier Le Calvez : reconstitution ou échange de parcelles, arrachage des pieds de vignes morts, nouvelles plantations…

Onze hectares

Cette année, Didier Le Calvez a décidé de s’attaquer à la rénovation de ses chais abrités par de grosses poutres en chêne, « mignons et proportionnés, bien à l’image de Clarisse. » Six hectares sont venus s’ajouter cet été aux premières parcelles achetées en 2009, portant la propriété à un total de onze hectares classés dans l’appellation satellite Puisseguin-Saint-Émilion. Dans cette aventure viticole, Didier et Olivia Le Calvez – puisque sa femme est tout aussi impliquée dans l’existence de Château Clarisse – sont appuyés par une équipe technique dirigée par Xavier Cosnard, responsable du vignoble et par le consultant œnologue, Stéphane Derenoncourt, qui les a encouragés à se lancer.

Il n’a pas dû insister bien longtemps pour réveiller ce vieux rêve. « En 1982, j’ai découvert les vignobles en Californie lorsque j’étais vice-président de Shangri-La Hôtels. Nous devions lancer des cartes de vins type pour les 70 hôtels du groupe. À l’époque, j’avais rencontré Robert Mondavi et bien d’autres, et j’avais failli acheter dans la Napa Valley. J’avais adoré leur enthousiasme. Ils avaient tous la banane, ils ne partaient de rien et avaient le feu sacré des pionniers. »

Amoureux du terroir

Ses origines périgourdines, les vacances dans le Médoc l’ont rapproché du Saint-Émilionnais. Mais pas question de mélanger plaisir du terroir et industrie du tourisme. « Je n’imagine pas un complexe hôtelier ici. Les Perse (ndlr : propriétaires notamment de château Pavie et de l’hostellerie de Plaisance à Saint-Émilion) sont déjà là. J’aime simplement le travail de la terre, les vendanges… J’ai d’ailleurs une truffière en Périgord, même si cela ne demande pas la même patience. Le travail de la vigne me plaît énormément. » « Vous pensez avoir mis tous les éléments de votre côté mais vous ne savez jamais comment le vin va sortir. Le 2009 aurait été un coup marketing, avec le nouveau nom, mais ça n’aurait pas été une bonne chose » reconnaît Didier Le Calvez. « Le 2010 a été une très bonne surprise, le 2011, exceptionnel. » La cuvée Vieilles vignes (20 % cabernet franc – 80 % merlot) a déjà été remarquée par des critiques reconnus.

Après plusieurs « premières années », le millésime 2012 devrait porter l’identité de Château Clarisse, posé sur le plateau de Puisseguin en culture biodynamie, sans traitement chimique : « un terroir qui respire et revit. »

Sylvain Petitjean

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