Bâtisseur d’étoiles

Didier le Calvez, directeur du palace parisien Le Bristol, cultive ses jardins secrets à l’île de Ré et Puisseguin, en Gironde, voire en Dordogne.
Entre vignes, truffières ou sable, mais toujours en famille.

Textes Stéphane Vacchiani

Quand il parle des truffières familiales en Périgord vert, aux confins de la Dordogne et de la Charente, Didier Le Calvez s’excuserait presque de ne pas y aller assez souvent. Ce n’est pas que le meilleur manager d’hôtel au monde ait oublié son village natal, Javerlhac, mais il a trouvé une autre terre de passion. Un peu plus au sud, vers Saint-Emilion. « A seulement une heure des truffières », modère-t-il. Avec son épouse, Olivia, le directeur du premier hôtel distingué « palace » en France en 2011, Le Bristol, est tombé amoureux d’une propriété viticole à Puisseguin-en-Gironde. « J’y vais au moins une fois tous les deux mois et je téléphone tous les jours », confesse ce quinquagénaire à l’allure de grand scout élégant. « On a visité 40 propriétés en deux ans avant de se décider. On en a refusé deux avant de choisir celle-ci », explique Olivia Le Calvez pour justifier cette attention. C’est que chez ces amoureux du meilleur, la passion ne doit pas tuer la raison.

L’enfant de Ré

« Le coup de cœur doit être raisonné. On fait cela très consciencieusement », confirme Didier Le Calvez, qui, en prenant en main une simple séance photos, traduit son souci permanent d’exigence. « Vous ne pensez pas que ce serait mieux là ? » La question est polie mais ferme. Un  niveau de qualité érigé en règle, que le couple applique aussi sur l’île de Ré. L’autre jardin secret de celui qui codirige le groupe allemand Oetker Collection, propriétaire entre autres du Bristol (1), le plus grand palace de Paris, à deux pas des Champs-Elysées.

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A l’ouest du nouveau

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« On investit tous les trois ans… Et il ne faut jamais dire non », sourit le mari.

« Bordeaux a une carte fabuleuse à jouer avec l’arrivée de la ligne à grande vitesse […] et la nouvelle grande région est une réelle opportunité… J’aime que l’Aquitaine aille jusqu’à l’île de Ré », milite ce manager prêt à parier que l’Ouest peut demain détourner les fidèles du « lien Paris-Paca, trop mis en avant ! ».

« Du Pays basque à la Charente-Maritime, il y a une authenticité régionale très forte, un arrière-pays extraordinaire… les clients étrangers viennent chercher ici, à l’ouest, ce côté nature protégé qu’ils n’ont pas ailleurs », s’embrase Didier Le Calvez, persuadé que l’œnotourisme reste encore à développer. Il s’y emploie avec Olivia, qu’il cite sans cesse. « A Château Clarisse (NDLR, à Puisseguin-Saint-Emilion), on a racheté la maison. Sur le plus haut plateau de Gironde », pour accueillir des visiteurs. Mais pas seulement. « C’est un projet de vie, on y emmène régulièrement nos enfants », traduit Olivia Le Calvez. « Avoir des attaches à la terre, c’est important. »

 (1) Si les propriétés de Ré et Puisseguin sont celles en propre du couple Le Calvez, le groupe Oetker Collection, que codirige Didier Le Calvez, comprend des hôtels de luxe dans le monde entier, réunis sous le nom de Masterpiece Hotels.
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