Millésime 2016

Tout commence par un hiver tout en contraste.
En effet, après un mois de décembre quasi estival, l’hiver 2016 enchaîne sur une pluviométrie record sur les deux premiers mois de l’année (entre 400 et 500 mm suivant les secteurs) mais sur des températures plus douces qu’à l’accoutumée.
On notera seulement quatre à cinq matinées aux températures négatives…
Cette douceur hivernale inquiète l’ensemble des vignerons, cette inquiétude grandit lorsque l’on voit les premiers bourgeons dans le coton dès les premiers jours de février.
Mais, les températures basses du mois de Mars ainsi que des sols gorgés d’eau tempèrent la vigueur du vignoble, et le débourrement se fait avec seulement une petite semaine d’avance.
Malgré cette légère avance, la fraîcheur du mois d’Avril ralentit la pousse, et on frôle même la catastrophe générale entre le 28 et le 30 Avril avec quelques gelées locales, mais la sanction a été évitée de justesse.
Contrairement à de nombreuses régions françaises, Bordeaux échappe donc aux gels printaniers.
Comme si cela ne suffisait pas, le mois de Mai prend le relais avec des précipitations supérieures aux normales décennales, et la pression du mildiou atteint elle aussi un pic record avec quelques gros dégâts par endroits.
De manière générale, de nombreux vignerons se demandent, s’ils vont réussir à atteindre la fleur sans encombre.
Elle se passe presque par miracle aux alentours du 10 Juin, de manière très homogène sur une période de trois à cinq jours, les seuls jours consécutifs sans pluie depuis des mois.
La récolte est belle, voir même généreuse par endroit et ce que tout le monde souhaite arrive enfin, du soleil et un temps sec.
A partir du 20 Juin, c’est un autre millésime qui commence.
Juillet est chaud et sec, avec quelques pointes de températures au-delà de 35°C sur la fin du mois, le retard n’est pas rattrapé mais les vignerons sont optimistes car les réserves en eaux sont suffisantes pour passer ces pics de chaleur.
La véraison s’enchaîne rapidement sur la première moitié du mois d’Août et les forts écarts thermiques jours/nuits laissent présager une très belle maturité et des raisins au fort potentiel aromatique.
Mais comme ce millésime est celui des extrêmes, les sols les plus drainants commencent à montrer quelques symptômes de stress hydrique car il n’est pas tombé une goutte d’eau entre le 19 Juin et le 13 Septembre…
Les quelques orages de la mi-Septembre sont salvateurs et permettent au vignoble de reprendre son souffle, les vendanges commencent donc tranquillement sur les premiers jours de l’automne.
2016 livre donc des vins aux arômes envoûtants, fortement identitaires, aux trames tanniques racées, tout en subtilité.

Stéphane Derenoncourt

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