Millésime 2013

Les Commentaires de Dégustation :

Château Clarisse 2013 :

Robe rouge pourpre et reflets brillants. Intensité moyenne.
Nez ouvert et mur sur des notes de cerises griottes et de feuilles tabac blond, un registre mêlant une palette aromatique de végétal noble et de petites baies noires.
L’aération laisse apparaitre des notes plus sucrées et vanillées issues de l’élevage.
La bouche est sphérique et douce, soutenue par la fraicheur typique de ce millésime qui lui confère une belle allonge et une finale sapide. Les tanins sont fermes et déjà polis par l’élevage, l’ensemble est juteux et très agréable.

Cuvée Vieilles Vignes 2013

Robe rubis et reflets brillants.
Le nez est encore fermé sur des notes d’élevage noble. A l’aération, le bouquet s’ouvre sur des notes florales très délicates, pivoines et iris. Une franche aération révèle la palette de fruits jaunes typique de ces sols calcaires : pèches de vignes et mirabelles.
L’attaque est large et puissante. Le milieu de bouche très dense pour le millésime offre une mâche délicieuse. Le grain de tanin est définitivement calcaire, crayeux dans sa texture et salé au gout, il prolonge la finale de plusieurs caudalies.

Les Fiches Techniques :

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Château Clarisse

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Clarisse Vieilles Vignes

Le Journal de Bord :

 

Avril

Après un hiver doux et humide, l’arrivée du printemps, bien que timide, permet une explosion de la végétation et la vigne débourre de manière très régulière. Tous les bourgeons explosent en même temps, exposant les mannes des futures grappes, invitant aux premiers pronostics : c’est un millésime de fruit, cela fera du bien après deux millésimes peu productifs. On va couper du raisin, et même beaucoup, selon les avis. Les températures restent basses tout le mois et freinent la pousse.

Mai

Les pluies régulières et le froid tenace ne permettent pas aux sols de se réchauffer, surtout dans les argiles. C’est dans la deuxième quinzaine de mai que les symptômes de froid se manifestent. La pousse devient irrégulière, selon le type de sol, et le manque de végétation pour l’époque est indéniable. Le feuillage est terne, tirant sur le vert pâle. Les feuilles sont épaisses, la vigne a froid.

Juin

La tendance ne s’inverse pas et le froid demeure durant tout le mois. Les participants à Vinexpo Bordeaux se souviendront longtemps de la violence des averses ainsi que de la fraîcheur des soirées festives, telle la Fête de la Fleur ou autre. C’est dans ces conditions assez dramatiques que démarre la floraison. Très longue sur le cépage merlot, un peu plus courte sur les cabernets, l’expulsion des capuchons s’étire sur deux semaines occasionnant une coulure importante, ainsi qu’une fabuleuse possibilité d’intrusion pour le botrytis, dans une période des plus sensibles.

Juillet

Le bilan du 1er juillet est déprimant. On sait déjà que la récolte sera petite, et la vigne accuse trois semaines de retard sur son cycle végétatif. C’est énorme. Par chance, la chaleur s’installe durablement et redonne le sourire aux vignerons. Les jours de beau temps, chauds et secs, s’enchaînent tout le mois et donnent un sentiment d’éternité. Le retard se rattrape. Juillet sera le mois le plus chaud de ces vingt dernières années. Le botrytis est en sommeil, latent, et le feuillage a repris de la splendeur. La sagesse du vigneron bien inspiré le pousse à parfaire les levages, écimages et effeuillages. La prophylaxie est assurée. Le vignoble ressemble à un jardin. Peu de vignobles dans le monde peuvent s’enorgueillir d’une telle précision. Tout est mis en œuvre pour gagner cette revanche contre le printemps.

Août

Si les orages du 26 juillet mirent fin à la vague de chaleur, accompagnés parfois de grêle, ce sont ceux du 2 août qui furent les plus meurtriers. Un lourd bilan après la grêle, et le spectacle de désolation sur quatorze mille hectares, défigurant et ruinant l’Entre-Deux-Mers. Pourtant, le mois d’août fut plutôt beau. La moyenne des températures n’est pas si mal, surtout si on considère la fraîcheur nocturne. Sans doute les nuits froides ont-elles freiné un peu l’avancée des maturités, mais sur un plan aromatique, on ne pouvait espérer mieux que ces amplitudes de température pour la complexité du vin. La véraison commence timidement et s’étire de la même manière que la floraison. Il faudra souvent passer dans les vignes afin d’affiner l’homogénéité de la maturité en queue de véraison. Malgré les petits rendements, il faut encore couper des grappes. Les contre effeuillages commencent alors. Le compte à rebours est déclenché. Il faudra tenir longtemps.

Septembre – Octobre

En moyenne, les vendanges devraient commencer autour du 7 octobre pour les merlots et on pouvait logiquement croire à un beau millésime tardif, comme le furent 2008 ou 2011. Les vignes bien préparées, avec des grappes généralement lâches en raison de la coulure, pouvaient tout à fait aller au bout, à la parfaite maturité. Combien de millésimes à Bordeaux furent finalement sauvés par un mois de septembre magnifique et un été indien ? Mais 2013 en a décidé autrement. Dès le 20 septembre, les températures remontent alors que l’humidité s’installe. Dans ce climat de type tropical, le champignon ne tarde pas à se réveiller. La situation n’est pas générale, et sans doute le type de sol comme les quantités d’eau reçues lors des orages du mois d’août ont eu leur importance. Au-delà de la précision, du talent des vignerons, ce millésime aura exigé d’avoir de la chance. Souvent, il a fallu démarrer les vendanges en fin de mois pour des raisons sanitaires.

 

Stéphane Derenoncourt

 

 

 

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